vue-du-mont-huang.jpg Mes héros en vrac? Stravinski, Mozart, Bach, Vivaldi, Haendel, Debussy, Cézanne, Picasso, de Kooning, Courbet, Sollers, Zagdanski, Rimbault, Sade, Hölderlin, Nietzsche, Heidegger, Meyronnis, Miles Davis, John Scofield, steve Coleman, richard Galliano, bireli Lagrène, charlie Parker, Monk. Si la liste n'est pas exhaustive, elle est néanmoins limitée.
Et sinon? Sinon, pour m'ébrouer les idées, j'écoute parfois, et de moins en moins, peter Gabriel, Björk ou Nougaro. A quoi bon encore écouter du Rock ou de la Pop quand on jouit sans fin du génie de mes héros?
Comme je ne m'attends à rien en écrivant ici, j'y zigzaguerai selon mes humeurs et mon plaisir. Et vous?
Trés bon documentaire sur le totalitarisme actuel du travail:


video




Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
"Mieux vaudrait, après votre mort, une méchante épitaphe que, de votre vivant, un mauvais renom." - William Shakespeare
"Je ferai taire les médisants en continuant de bien vivre: voilà le meilleur usage que nous puissions faire de la médisance."
  - Platon


Il se trouve que je travaille en entreprise. Or comme dans toute famille, l'entreprise se caractèrise par son degré de médisance.  C'est là chose banale; les enjeux de pouvoir se règlent aujourd'hui comme hier non pas par l'intelligence , la compétence, le savoir, la sensibilité ou, révons un peu, par la gentillesse ou même l'humour mais par la médisance. "Médit plus que ton prochain" semble être le nouveau crédo. A une époque où chacun est toujours l'esclave d'un autre, que l'on soit directeur ou simple ouvrier, médire ressere les liens primitifs du groupe. La meute trouve alors sa proie favorite en la personne de son entrourage qui incarne le mieux l'écrivain. Et qui donc incarne le mieux un écrivain potentiel sinon celui ou celle qui écoute, observe et voit mieux que les autres?
(A cet égard, il serait intéressant d'analyser les profils psychologiques des auteurs des massacres de Blacksburg - Virginia Tech - et de Columbine. Comme pour minimiser ces affaires, journalistes et hommes d'état en parlent comme le "fait d'individus isolés" ou de fous. Personne ne semble s'être attardé sur le fait que deux d'entre eux tenaient un journal intime et que l'autre écrivait des pièces de théâtre. Au vue de leurs écrits, rien ne justifie qu'on puisse leurs accréditer un quelconque talent. Mais la question mérite d'être posée: étaient-ils des écrivains en puissance? A défaut d'analyse sérieuse, parions que ces tueries profiterons sans tarder à l'industrie cinématographique laquelle sautera sur ces scénarios gratuits et spectaculaires comme une hyene sur le gibier fraîchement tué d'un guépard.)

L'homme de pouvoir hait l'homme d'esprit. C'est connu. Autant l'homme d'esprit habite la vérité autant l'homme de pouvoir habite le mensonge. Ils ne peuvent cohabiter. La raison en est simple: l'homme de pouvoir a un complexe d'infériorité que vient tourmenter tout esprit fort et ce malgré lui. En la matière, les corps parlent d'eux même.

Dans mon entreprise, il y a plusieurs services. A la tête du mien, il y a un  chef. Sous lui, nous trouvons une dizaine de sous-chefs. Sous eux encore, quelques sous-sous-chefs. Reste les autres, dont moi. Parmi nous, certains rêvent de prendre la place de leur sous-chef respectif et le médise comme il se doit. D'autres n'ont rien à dire et se taisent. D'autres (peu nombreux) dont je fais partie ont choisi de se trouver d'autres aventures, intérieures si possible, et ironisent régulièrement sur les péripéties du service. Il s'agit donc bien d'une entreprise normale où les places de chefs sont déjà pourvues et ne seront libérées qu'exceptionnellement. Or, des expériences  sur les rats le prouvent, plus le périmètre d'activité (ici, celui du pouvoir) se réduit plus les conflits augmentent. Notre entreprise ne déroge pas à cette règle qui semble immuable aux yeux de mes contemporains.

Pour tout dire, j'ai définitivement abandonné tout espoir et toute illusion quant à un quelconque salut à venir. Les enjeux du pouvoir, aussi minimes et ridicules soient-ils, sont tels qu'ils restent la seule motivation pour certaines âmes égarées en entreprise. Un temps, j'ai bien essayé. Mais le mal est tenace. Il a gangréné les corps et les esprits des nihilistes les moins optimistes. 

calomnie.jpg Comme le disait déjà Nicolas Machiavel au XVIème siècle: "La médisance irrite les hommes et ne les corrige pas".  En entreprise, le but ultime de toute médisance ou de toute calomnie est non pas de "corriger" tel ou tel défaut de la nature humaine mais de prendre soit la place d'un chef soit de passer devant un concurent en l'humiliant si possible devant un chef susceptible de le nommer chef. Un subalterne carriériste ne peut pas médire son supérieur hiérarchique direct car il a besoin de lui pour être nommer chef. Une fois nommé, soyez certain que plus rien ne le retiendra. Par contre, ce même subalterne pourra favorablement médire un autre chef que son chef direct car ce dernier y voit aussi un concurrent. Il y a ainsi une hiérarchie de la médisance qu'il ne faut jamais outrepasser sous peine de se voir définitivement releguer aux bas fond de l'entreprise. La bonne nouvelle, c'est qu'à l'arrivée, le salut devient possible. Malheureusement pour eux, ils ne le savent pas.


Une variation de la médisance en entreprise est la malhonnêté intellectuelle. Celle-ci rejoind la médisance en ceci qu'elle vise indirectement à médire sur l'autre, qu'il soit chef ou concurrent. Elle peut prendre des aspects variés allant du simple mensonge d'un fait avéré mais que l'on veut à tout prix cacher aux yeux de son chef de peur de perdre le peu d'aura que l'on a gagné en médisant, jusqu'à la perversion la plus sournoise. Autant la médisance est honnêtement prévisible, on dit par exemple du mal d'un concurrent pour lui prendre sa place, autant la malhonnêté intellectuelle est une immondice sans fond car elle peut atteindre au degré suprême de l'ignominie. Exemple simple de malhonnêté intellectuelle en entreprise: recevoir de l'aide d'un responsable et une fois le problème résolu ne jamais le remercier ni surtout en parler à quiconque de peur de passer pour un incompétent. Dire au contraire que l'on a résolu le problème seul et que la faute en revient à tel logiciel.

La force de la médisance lorsqu'elle agit dans un environnement où celle-ci est généralisée tient au fait que c'est à la victime de prouver son innocence. Le calomniateur, lui, calomnie et c'est tout; la haine ou l'avidité l'anime qu'il peut indifféremment alimenter par son refus de l'alterité (l'Autre, s'il veut survivre, doit accepter d'être nivelé au niveau du plus bas dénominateur commun de médiocrité), la jalousie, la rivalité, la peur (de perdre son emploi, de passer pour incompétent, etc.), la stigmatisation de celui qui pourrait être susceptible de révéler les petits secrets de famille, la domination...La liste est sans fin.

Commettre une médisance fait appel à bien peu de qualités alors que la réfuter en demande énormémement: beaucoup de mémoire, de bonnes facultés d'analyse, du sang froid, une assise psychologique saine, du courage et éventuellement de l'humour et une bonne disposition au sarcasme afin de pouvoir répondre sans haine mais avec virulence.  Comme le dit si bien La Rochefoucauld: "On est d'ordinaire plus médisant par vanité que par malice". Alors que l'homme d'esprit peut travailler une semaine complète sur un seul trait d'esprit afin d'en tirer le meilleur suc, l'homme de pouvoir fera appel à ses plus bas instincts pour ne pas avoir à réveiller sa paresse intellectuelle. C'est ainsi que les sous-chefs nommé par un chef lui-même élu par sa faculté à calomnier mieux que les autres sont trés majoritairement dépourvus d'esprit.

L'autre atout de la médisance est qu'elle fait boule de neige: elle nourrit et se nourrit de haine. Un proverbe chinois ne dit-il pas: "Qui s'endort médisant se réveille calomnié"? En entreprise, celui qui répand une médisance se trouve en général immédiatement soutenu par ceux, nombreux, qui auraient trop peur de la subir un jour. Aussi, naturellement, le médisant est littéralement vu comme un chef potentiel par ceux nichés au même échelon que lui dans la hiérarchie de l'entreprise. C'est la raison pour laquelle la surenchère sied à la médisance.

La médisance fait pouffer les lâches. Le rire des lâches est malsain mais c'est l'expression de leur jouissance. La jouissance du médisant rejoint celle du criminel; elle est pathologique. Mais la comparaison s'arrête là car le médisant jouit moins du malheur d'autrui que de lui même. Bien qu'il ait besoin d'oreilles de lâches pour médire, ni celles-ci ni les cerveaux auxquelles elles se connectent ne participent ensuite à sa quête érotique. La preuve? Il vivrait une jouissance bien supérieure s'il acceptait de se trouver en compagnie d'hommes d'esprit supérieur, ceux-là même qu'il ne cesse de calomnier. En définitive, il se masturbe.

Il ne faut pas confondre médisance et harcelement moral. Alors que la première est forcément rendue publique, le second est sournois et quasi invisible, répétitif et sans témoin, parfois non verbal. La médisance a un grand avenir en entreprise car elle ne peut entrer dans aucune loi.

Pour répondre à la médisance, deux méthodes efficaces: le silence de la pensée soupoudré d'une jubilation à exceller au travail ou le sarcasme. Selon l'humeur, l'envie, le moment, l'ennui, je choisis l'un plutôt que l'autre. Le sarcasme est jouissif pour l'esprit mais peut ne pas s'accomplir pleinement dans le cadre d'une entreprise sous peine de sanction. Par exemple l'utilisation de l'injure, même sous la forme d'un trait d'esprit,  est à proscrire.

Exemple de sarcasme à ne pas publier en entreprise:
Vous lisez un procés verbal publié sur un des forums de discussion de votre entreprise sur lequel est écrit: "Natacha Maystar a un problème de communication avec Hendrik". Hendrick c'est vous et Natacha Maystar (NM) la médisante.

Voici une réponse sarcastique virulente difficilement publiable en entreprise:

Pauvre NM, obligé d'appeler au secours dans les forums de discussions, outil qu'elle n'a de cesse de dénigrer, inconsciemment du fait que son responsable n'est autre que moi, et sans doute trop complexe pour sa cécité mentale.

Pour apaiser l'agitation maladive des deux seuls neurones qui lui reste, lesquels se battent continuellement en duel faute d'avoir trouver mieux à faire dans la boîte crânienne qui leurs sert de prison, je veux lui dire ici combien j'acquiesse à son propre diagnostic: "NM a un problème de communication". Qu'elle précise "avec Hendrick
" est secondaire pour quelqu'un d'un peu réveillé (communiquer avec Hendrick est en effet pas si facile). Il faut entendre son aveu comme si NM le disait à son médecin: "Docteur, j'ai un problème de communication".

En quelque sorte,
Hendrick (NM ici omet le 'c' de mon prénom. Ce n'est en soi pas grave, c'est même fréquent, mais pour son cas désespéré, son médecin pourrait, aussi, lui prescrire du poisson, du magnésium ou le calcium - bien que rien ne soit encore prouvé sur leurs effets bénéfiques - , et de pratiquer les mots croisés. Il pourrait dans la même veine lui conseiller un travail intellectuel. Par exemple lire, écrire, comprendre, tout est bon pour entretenir les voies neuronales de sa mémoire - celles qui lui restent étant peu nombreuses elle pourra favorablement se tourner vers le rayon enfant) n'est que le catalyseur, le révélateur de la gravité de son trouble.

En plus d'être hautaine, haineuse et méprisante, sèche et cassante (le terme précis est frigide), NM croit, toujours, que les informaticiens (et comme un hasard n'arrive jamais seul, il s'agit à chaque fois d'hommes) qui lui révèlent gentiment son incompétence en Informatique (incompétence tout à fait normal puisque NM n'en a jamais reçu la formation) la prennent de haut parce qu'elle est une femme.


Voici un exemple significatif je crois de l'incapacité de NM a communiquer simplement (y compris les fautes d'ortographes):
- NM:
hello,
sur webforum pourquoi je n'arrive ni à modifier ni à supprimer une annonce que j'ai postée moi-même???
Il semblerait que claude peut le faire, lui???
merci

-
Hendrick:
Salut,
Voir ici:
http://entreprise/cancel.html
donc, avec
webforum impossible, avec un lecteur classique (ex: thunderbird, Outlook Express) c'est possible.
A+

- NM:
je ne suis pas sûre d'avoir compris.
Sur
webforum: impossible d'éffacer un article.
Cela veut dire que je ne peut pas effacer une annonce sur le web ou sur la page en question?

-
Hendrick:
voilà. Il faut utiliser un vrai client pour ce faire.

- NM:
ben je suis une vraie cliente, j'utilise le service, il y a un espace vip??

-
Hendrick:
vrai client= outlook express ou thunderbird par ex.


NM a un ego surdimensionné. Aussi, la simple transmission de données techniques que n'importe quel imbécile venu pourrait comprendre provoque chez elle une excitation mégalomaniaque qui d'un coup devient un vrai sujet d'étude psychanalytique. Ici l'excitation mégalomaniaque se révèle sur le thème du "
webforum":
Celui qui sait: Il faut utiliser un vrai client
NM: ben je suis une vraie cliente, il y a un espace vip?

Le thème est posé. NM, qui travaille dans le même service informatique que moi, devrait normalement savoir que l'on parle Informatique mais son ego surdimensionné veut lui faire croire que l'on parle d'elle. Pour NM, il est impossible que l'on ne puisse pas parler d'elle. D'où son benêt "ben je suis une vraie cliente". Celui qui sait n'a jamais dit qu'elle n'était pas une vraie cliente, il ne parle jamais de NM. Quand il dit "il faut utiliser", NM comprend immédiatement "il faut être", ou plus exactement "il faut que tu sois". Il s'agit donc bien d'un labsus qui révèle toute la hauteur mégalomaniaque sur laquelle NM se croit assise.

De plus, comme si ça ne suffisait pas, NM ajoute "il y a un espace vip" sous entendu "et je n'y suis pas!!?". NM se croit importante, trés importante. Elle croit même être une personnalité.
[...]


Sinon, on peut répondre plus simplement par: "Hendrick aurait préféré que NM daigne faire les 30 métres qui les séparent plutôt que de médire malhonnêtement sur lui dans un PV".

A suivre.




* La Calomnie d’Apelles - Botticelli 1445-1510
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
flagellation-du-christ-leCarravage.jpeg Dans le Figaro littéraire du 24 mai 2007, entretien trés intéressant à propos du livre de Benoît XVI sur Jésus de Nazareth avec Jean-Luc Marion et Philippe Sollers.

En particulier, Jean-Luc Marion: "Comprendre les Évangiles, c'est comprendre pourquoi Jésus a été mis à mort. Car si on s'en tient à une interprétation banale et humaniste du texte, il n'y avait aucune raison de le mettre à mort. Jésus a été mis à mort par des gens qui avaient une bonne raison de le faire. Qu'est-ce qui les a tant scandalisés ? Ce que disait le Christ sur tel ou tel sujet, par exemple la critique du ritualisme des pharisiens partagée par de nombreux rabbins ? Non. Ce qu'ils ne pouvaient admettre, c'est qu'il puisse être le Fils de Dieu. Il accomplit toute la révélation en disant : « Je suis. » (Jean 8 et 12 reprend Exode 3, 14). Il assume le seul nom que Dieu se donne. Voilà la raison pour laquelle il est mis à mort par ceux qui disent que Dieu est trop grand pour s'incarner en un homme, sans imaginer un instant que Dieu a peut-être une autre vision de la transcendance que la nôtre, si humaine. Peut-être, en effet, que du point de vue de Dieu, il n'y a rien de plus grand que de s'incarner."

En quelque sorte, devenir Dieu sur terre est trés mal vu (je pense là, aussi, aux génies littéraires, musiciens et grands peintres de tous les siècles jalousés, vilipendés, trahis, haïs). Rares sont les élus mais vous pouvez être sûr que les contemporains de ces incarnations divines ne pourront l'accepter, aujourd'hui encore. D'ailleurs, si le fils de Dieu revenait un jour sur terre, sait-on jamais, il serait aussitôt enfermé. Et quand un catholique récite le "Notre Père", celà signifie-t-il encore pour lui qu'il EST le fils de Dieu?

Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
que ton Nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre nous du Mal.
[Car c'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles.]

Amen

Et Sollers: "C'est embêtant de désinformer à ce point quand on sait que la première chose qu'a faite ce pape-là, c'est de préciser à quel point il admirait Mozart qu'il jouait constamment au piano. Vous allez me dire : un pape qui joue du Mozart, quelle importance ? Un détail. Certainement pas. Un pape qui joue une sonate de Mozart, voilà qui atteste, de mon point de vue, que Dieu existe."

et oui.

http://www.lefigaro.fr/litteraire/20070524.FIG000000218_le_pape_revient_a_la_source.html

** Image: La flagellation du Christ (Le Carravage 1571-1610)
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
michael-brecker3.jpeg Né le 29 mars 1949 aux USA à Philadelphie, michael Brecker nait selon moi artistiquement en 1987 avec son album éponyme, premier album solo du saxophoniste. Concernant ses expériences musicales précédentes, il disait "Je craignais de m'exposer, une espèce de frayeur infantile me poussait à rechercher le confort des groupes, où décisions et déceptions sont partagées".
Car avant sa deuxième naissance - sa renaissance à lui même et pour lui-même - et bien qu'il soit déjà un instrumentiste particulièrement doué et renommé, il n'était sans doute pas encore vraiment sorti du cocon familial. Ce n'est pas pour rien qu'il a longtemps joué avec son frère trompettiste dans un groupe au nom révélateur: "The Breckers Brothers". Ce n'était pas encore lui, mais sa famille jouant au travers de lui. Rappelons que son père, lui même pianiste de jazz, était un amateur particulièrement averti qui accompagnait ses deux fils aux concerts de Miles Davis, Thelonious Monk ou à encore de Duke Ellington.

En concert, ce qui frappe au premier abord c'est le corps musical imposant de michael Brecker. Il dépassait d'une bonne tête n'importe quel autre musicien présent sur scène. Silhouette en forme de grand "S" toute projetée en direction de son frêle instrument à vent, petit "s" lové au creux de ses deux grands bras. Deux "s" enlacés jouissants de s'embrasser sans fin, en public, sous les feux de la rampe, langue de l'un accolée à la bouche de l'autre, souffles mêlés dans un face à face musical et divin. michael-brecker2.jpeg
Toute proportion gardée, cela me fait penser à cette somptueuse interprétation du Zohar* à propos des baisers: "L'un donne un souffle à son ami et prend le souffle de cet ami auquel il s'est attaché. Il en résulte que son souffle et le souffle de son ami cela fait deux. Il en va de même chez son ami. Quatre souffles en résultent donc qui s'unissent ensemble dans ces baisers".

Un grand corps en forme de "S", donc, protecteur et dominateur penché vers son Autre et cherchant à entremêler son souffle à l'inspiration de l'Autre pour mieux le faire résonner.

De loin, son saxophone paraissait minuscule, sorte d'appendice buccal miraculeux, d'où rugissait ce son divin et d'une rare intensité, droit sorti de ce grand corps musical. Ce n'est pas une banalité que de dire de michael Brecker qu'il faisait corps avec son instrument. Il pouvait ainsi déclarer à propos de ce dernier: "It’s as if I own every molecule of the instrument".

michael-brecker.jpeg
1987 "Michael Brecker"
1988 "Don't Try This At Home"
1990 "Now You See It"
1996 "Tales From The Hudson"
1998 "Two Blocks from the Edge"
1999 "Time Is of the Essence"
2000 "Two Blocks from the Edge"
2001 "Nearness of You: The Ballad Book"
2003 "Wide Angles"

Malgré sa grave maladie découverte été 2005, il réussit l'exploit d'enregistrer un dernier album avec Herbie Hancock, Brad Mehldau, Pat Metheny, John Patitucci et Jack DeJohnette.
michael-brecker4.jpeg
Mort le 13 janvier 2007 à 57 ans, sa musique résonne (on pourrait presque dire raisonne tant sa musique est pleine de sens) pourtant en ce moment précis, dans mon salon, dans tout mon corps, vivante, glorieuse, triomphante, en un mot pleine de vie.

Quelques liens utiles:
Live avec vidéos :http://www.youtube.com/watch?v=GRFMG5C2PPA
Son site: http://www.michaelbrecker.com/

Michael Brecker vivant:

 


 


 


* Cantique des cantiques "Qu'il me baise des baisers de sa bouche, car tes caresses sont meilleures que le vin" (Cant. 1:2)
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus